Partitions suspendues, partitions circonstancielles, partitions graphiques et partitions étendues : l’œuvre comme re-diagrammatisation ‘ecopraxique’

Plasticien ouvert à toute mutabilité, mon travail artistique est le travail d’un « bricoleur » enchevêtrant les supports qu’ils soient numériques, picturaux ou sonores, comme le vecteur d’un langage plastique indocile. N’ayant jamais voulu choisir entre les arts plastiques et la musique, je mène un travail artistique où se contaminent, se rapprochent et se confrontent arts plastiques et pratiques musicales.

Dans cet atelier transdisciplinaire, la notion de « partition » (Score) s’est rapidement imposée comme le lieu privilégié de « précurseurs sombres » singuliers. En effet, « sous-produit » ou « objet artistique mineur » (la partition est aussi une « recherche de son propre point de sous-développement »), la partition est la condensation, la précipitation (au sens chimique du terme), de branchements fautifs et de nouveaux raccords entre des percepts des affects et des concepts très hétérogènes. Dans notre atelier, ces partitions se constituent autant d’images que de sons, autant de dessins que de vidéo que de processus interactif ou autogène.   

Nous proposerons une démonstration sonore et visuelle de “partitions” et nous montrerons comment celles-ci engagent des « agencements » en amont de leur réalisation. Des surfaces sensibles d’inscription sur lesquelles on fait l’exercice de la « notation », c’est-à-dire de l’inscription du sensible « comme il tombe ». Les partitions sont des révélateurs (comme on le dit de la photographie) d’accidents et d’interférences, en amont de leur écriture, comme en aval de leur interprétation.

À partir de ces exemples précis nous montrerons comment la « partition » peut être comprise dans le sens étendu que donne Deleuze à la notion de diagramme. En effet, par la perspective d’interprétation que le concept de partition mobilise ensuite, elle ouvre vers de nouvelles lignes de fuites et travaillent à une re-diagrammatisation des signes en présence et récoltés. En cela la « partition » s’opposerait à cet autre diagramme nommé « machine abstraite » et qui referme toutes nouvelles possibilités.

Au contraire, les partitions que nous mettons en œuvre sont ces objets ambigus qui ne sont pas seulement descriptif mais, tout à la fois « ingérant, digérant, redistribuant » s’ouvrant vers des lignes de fuite. La partition apparaîtra dans cette description comme une pratique du démontage, « constituant autant de points d’émergence ou de créativité, de conjonctions inattendues, de continuums improbables », ouverte à toutes les métamorphoses (shapeshifting) et faisant de l’œuvre une prégnance, une actualisation temporaire et collective révélée à égale importance par tous les acteurs-réseaux de son apparition.

Nous choisirons de mêler à l’analyse, quelques exemples d’interprétation live et/ou enregistrée pour faire de ce moment un moment d’échange sur une recherche indissociable de la pratique. Nous nous appuierons sur

(1)        les partitions circonstancielles (underscore) : partitions nomades, écriture dessinée sur le motif (sonore).

(2)        Les partitions suspendues, partitions mutables et interactives, qui propose une re-diagrammatisation des signes en présence qui dans le jeu performatif de sa réalisation engage la fabrication de « nouvelles possibilités de fait ».

(3)        Musique Maigre et musique de poche : recherche autour d’une musique décroissante et écologique.

Pour une ‘clinique-poétique’: Expérimentations en risque dans les images en performance

Cette recherche implique les champs connexes de la philosophie, les arts et la clinique. De ce fait, “Comment se construit une image en performance?” et “Y aurait-il dans la création et l’exécution des certains images en performance, l’événement d’une « clinique poétique »?” Face à ces questions, nous allons penser la performance comme un agencement qui produit une image, elle même, produit un champ de force. Une performance crée un plan de consistence qui produit une liaison des éléments en jeu et engendre les processus d’individuation, c’est-à-dire produit des images. “Il n’y a plus designation de quelque chose d’après un sens propre, ni assignation de métaphores d’après un sens figuré. Mais la chose comme les images ne forment plus qu’une séquence d’états intensifs. . . . L’image est ce parcours elle-même, elle est devenue devenir” (Deleuze et Guattari 1975, 39–40). La conception des images chez Deleuze a été contrasté. Ce concept affirme d’abord la différence comme une pensée “sans images,” dans Différence et Répétition (Deleuze 1968, 173), mais, aprés la rencontre de Deleuze et Guattari et du rapport de son philosophie avec le cinéma, “l’image est devenue condition d’individuation de la pensée,” comme propose Anne Sauvagnargues (2013, 173) dans son texte intitulé “Écologie des imags et machines d’art.” Ce nouveau concept d’image produit un agencement que connecte les millieu et les créations dans la production d’une écologie imagetique. “L’individuation ne se définit ni par son unité, ni par son identité, mais par son opération de coupure qui détache, dans l’univers mouvant des forces, un rapport provisoire de vitesses, de lenteurs et d’affects” (Sauvagnargues 2013, 179–80). D’autre part, cette production imagétique des performances peux produit un diagnostique des forces en rapport avec la vie quotidienne que dirigé les modes de vie et les régimes de rélations, par le biais les créations des images extraordinaire. Ces images crée une problematization des images dogmatique que conduit la vie ordinaire. Ce diagnostique problematizateur peux produit l’événement d’une clinique poétique. Face à cette composition, quatre éléments-indicateurs ont été elaborés pour pensée l’événement d’une Clinique-Poétique, qui sont: les zones à risque; les mobilisations des signes; le figure de la viande et une éducation par des affects. Ces éléments-indicateurs ont été construits auprès des images en performance des œuvres: Crútero; Carne; Cariogamia e o risco do aborto; Clara; Ovo-boca; Ilhas, linhas, palavras . . . germens; Egg-Mouth-Debris. Ces images ont été prises comme des études de cas, qui ont engendré les zones à risque pour créer des processus d’individuations, jamais conclus par complet, portant Il y a toujours quelque chose de pré-individuel, qui recrée également l’environnement dans lequel ce processus se produit. Elles produisent également une mobilisation des signes territorialisés par l’ordinaire, ce qui fait les variations dans les mots d’ordre dictés par la vie quotidienne dans d’autres compositions de sens et d’autres machinations. En outre, elles génèrent un figure de la viande, ce qui perturbe les organes, les isolant dans la production d’un champ de force qui brise le corps et détruisent la fonctionnalité des organes. Qui plus est, les images en performance produire une éducation par des affectes, mettant les perceptions en devenirs et le découplage du visible et dizíbles dans la production de petits déserts qui invoquent la création d’un peuple encore à venir. Présentées dans cette façon, les images se déplaçaient vers la recherche des puissance de la production des espace-temps, mettant les territoires en zones à risque, elles mobilisent les signes qui forme les quotidians, elles ouvrent les organismes à une désorganisation et à la production de l’éducation par des l’affectes pour l’événement d’une clinique poétique.

Références

Deleuze, Gilles. 1968. Différence et Répétition. Paris: Épiméthée.

Deleuze, Gilles, et Félix Guattari. 1975. Kafka: Pour une littérature mineure. Paris: Editions de Minuit.

Sauvagnargues, Anne. 2013. “Écologie des images et machines d’art.” En Pourparlers: Deleuze entre art et philosophie, sous la direction de Fabrice Bourlez et Lorenzo Vinciguerra, 169–86. Reims: Presses universitaires de Reims.